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Inégalités
Après la fin de l’esclavage, que le Brésil fut l’un des derniers pays à abolir, en 1888, « les esclaves et leurs descendants ont été jetés à la rue, sans la moindre compensation, note d’Adesky. Bon nombre d’intellectuels le nient encore, mais les inégalités dont sont victimes les Afro-Brésiliens sont également le fait du racisme », et pas seulement de la pauvreté comme on le dit souvent.
De fait, ce n’est pas une coïncidence si la pauvreté est noire au Brésil. « Il y a une forte association entre couleur et conditions de vie », note le chercheur Carlos Hasenbalg. Noirs et Métis représentent 46 % des 175 millions de Brésiliens, mais 63 % des 53 millions de pauvres et 70 % des 22 millions d’indigents. Deux analphabètes sur trois sont noirs. Ils vivent et étudient moins longtemps que les Blancs. Et leurs chances de progresser dans l’échelle sociale sont de loin inférieures. Aujourd’hui encore, ils sont victimes de discrimination à l’embauche et restent relégués aux fonctions subalternes. Même à qualification égale, un Noir ne peut espérer le même poste qu’un Blanc. Une certaine classe moyenne de couleur a certes fait son apparition, et le futebol et la chanson ont leurs stars noires. Mais ce n’est qu’en 1995 que le Brésil a eu, pour la première fois, un ministre noir, le « roi » Pelé.