Si
Diaz avait fait éclore une économie florissante,
ce fut aux dépens de la population indienne. Son gouvernement
toléra la persistance ou la création de vastes
propriétés contrôlées par les élites
et pour la plupart confisquées aux Indiens. A la fin
de son régime moins de 10 % des Indiens possédaient
des terres et la plupart d'entre eux étaient perpétuellement
endettés, contraints par la loi de rester sur place
s'ils devaient la moindre somme au propriétaire de
l'hacienda. Le système se prêtait aux abus et
perpétuait les inégalités du passé.
Voir à nouveau le Mexique pris dans les soubresauts
du changement n'était qu'une affaire de temps. Cette
fois, l'initiative revint à un créole privilégié,
éleveur, membre d'une des plus riches familles du Mexique.
Francisco Indalecio Madero publia ainsi en 1909 un livre où
défendait l'idée en apparence innocente d'une
nécessaire limitation de la durée de la présidence
à un seul mandat. Touchant un point sensible, le livre
déclencha un débat très vif. Pour prix
de ses efforts Madero fut surnommé " l'apôtre
de la démocratie " et mis en prison par Diaz.
En dépit de sa promesse de retrait de la vie politique,
Diaz manoeuvra en 1910 pour assurer sa réélection.
Mais pour bon nombre de mexicains la situation avait trop
duré. C'est alors que se déclencha la cruelle
révolution mexicaine.
A l'origine,
la révolution fut menée par deux personnalités
fort différentes : d'une part Madero, dirigeant la
révolte de la classe moyenne en faveur de réformes
politiques, de l'autre Emiliano Zapata, enfant d'un paysan
affranchi de l'Etat de Morelos et futur champion désintéressé
de la cause des Indiens affranchis. Zapata recherchait des
changements économiques, la réforme agraire
et le suffrage universel, tâche bien difficile pour
un pays bâti sur les inégalités. D'autres
chefs et groupes politiques se jetèrent dans la bataille,
ajoutant encore à la confusion et aux luttes intestines
entre révolutionnaires.
On pourrait
dire que la constitution du pays a été rédigée
dans le sang. Un mexicain sur huit succomba pendant la révolution
qui aboutit en définitive à l'adoption d'un
texte constitutionnel libéral toujours en vigueur
aujourd'hui. Elaboré en 1917, il embrasse les idéaux
révolutionnaires, limite les pouvoirs de l'Eglise,
fonde un système d'éducation nationale, déclare
les richesses minières propriété de
la nation et introduit un ensemble d'importantes reformes
sociales. La propriété foncière fut
ainsi réformée et un code du travail institué.