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L'actualité du Salvador en 1996

La vague de délinquance qui affecte le Salvador témoigne que les problèmes sociaux ont plutôt tendance à s'aggraver qu'à se résorber. Ainsi, le 13 février 1996, les commerçants et la population du département d'Ursulatan se sont mis en grève pour attirer l'attention du gouvernement sur l'insécurité, un mal qui obère les perspectives d'un pays en pleine croissance économique.
Quatre ans après la fin d'une guerre civile qui a fait plus de 75.000 morts, le Salvador déployait beaucoup d'efforts pour attirer les investisseurs étrangers. Il est vrai que le pays ne manque pas d'atouts. Considéré comme l'État le plus industrialisé et le plus dynamique d'Amérique centrale, le Salvador pouvait en effet se targuer d'un taux de croissance de 6% (1995), d'une inflation maîtrisée, d'un déficit budgétaire presque nul et d'une restructuration de l'appareil d'État menée au pas de charge: 15.000 des 95.000 fonctionnaires avaient été licenciés depuis l'été 1995.
Ainsi, les nouvelles zones franches ont accueilli des capitaux taiwanais, sud-coréens et nord-américains, attirés par la main-d'œuvre salvadorienne, réputée de qualité et bon marché. Toutefois, les investisseurs, effrayés par une insécurité qui place même le Salvador devant les tristes records colombiens, n'étaient pas aussi nombreux que le souhaitait le gouvernement d'Armando Calderén Sol. C'est pourquoi l'assemblée législative a adopté, le 21 mars, une loi d'urgence contre la délinquance, pour limiter la hausse vertigineuse de la criminalité. Héritage d'une «culture de la violence» acquise au cours des douze années de guerre civile, la criminalité reste souvent le fait de bandes organisées. Aux règlements de comptes privés s'ajoutent ceux qui ont un caractère politique: une quarantaine de responsables ou militants du Front Farabundo Martí de libération nationale (FMLN) ont ainsi trouvé la mort depuis que les armes ont été déposées. La mission des Nations unies au Salvador (Minusal), dont le mandat s'est terminé en avril, a demandé l'épuration de la nouvelle police et de l'appareil judiciaire.
De son côté, le chef de l'État (droite conservatrice) a assuré que «plus de 90%» des engagements pris par son prédécesseur, Alfredo Cristiani, dans le cadre du processus de paix, ont été réalisés.

© Hachette Multimédia / Hachette Livre, 2002

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